Patrice Talon, président du Bénin

Une tentative de coup d’État a été déjouée ce dimanche matin dans la capitale économique du Bénin, Cotonou. Le gouvernement béninois a annoncé avoir « mis en échec » cette action après des déclarations de soldats à la télévision publique. Les putschistes, se présentant comme le « Comité militaire pour la refondation », ont tenté de destituer le président Patrice Talon, actuellement en fin de mandat.

Selon des sources officielles, le chef de l’État serait en sécurité, et l’armée régulière aurait repris le contrôle de la situation. Des coups de feu ont été rapportés dans la ville, tandis que des militaires bloquaient l’accès à des zones stratégiques comme le palais présidentiel ou l’hôtel Sofitel.

« Comité militaire pour la refondation » : les revendications des putschistes

Huit militaires, armés et coiffés de bérets aux couleurs variées, ont annoncé à la télévision nationale avoir destitué Patrice Talon. Ils ont justifié leur action par plusieurs griefs :

  • la « dégradation continue de la situation sécuritaire dans le nord du Bénin » ;
  • la « négligence envers les soldats tombés au front et leurs familles » ;
  • des « promotions injustes au détriment des plus méritants » ;
  • une « remise en cause déguisée des libertés fondamentales ».

Ils ont également évoqué des revendications sociales, sans plus de précisions.

Des forces armées fidèles au gouvernement, situation sous contrôle

Le ministre béninois de l’Intérieur, Alassane Seidou, a confirmé que l’armée, « fidèle à son serment », avait réagi rapidement pour contrer cette tentative. Plusieurs zones de Cotonou étaient toutefois bloquées par des militaires, notamment autour de la présidence et du Sofitel.

Une source militaire a déclaré à l’AFP que la situation était « sous contrôle » et que les putschistes n’avaient ni occupé le domicile du président ni la présidence. « Le nettoyage est en cours. Tout rentrera dans l’ordre dans les prochaines heures », a-t-elle ajouté.

Réactions internationales et contexte politique

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné cette « action anticonstitutionnelle », réaffirmant son soutien au gouvernement et au peuple béninois. L’Union africaine (UA) a également dénoncé cette tentative et appelé les militaires à regagner leurs casernes.

Patrice Talon, en place depuis 2016 et dont le second mandat s’achèvera en 2026, est souvent critiqué pour son virage autoritaire. Bien que salué pour le développement économique du pays, son régime est accusé de restreindre les libertés démocratiques. Le principal parti d’opposition a été exclu de la prochaine élection présidentielle.

Cette tentative de coup d’État survient dans un contexte régional marqué par une recrudescence des putschs, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et récemment en Guinée-Bissau.