La Côte d’Ivoire devient le premier pays d’Afrique subsaharienne à voir sa dette classée en « risque faible » par le FMI, renforçant son image de référence financière régionale.

Le 24 juin, lors d’un conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) consacré à la viabilité de la dette ivoirienne, l’institution a reclassé le pays dans la catégorie « risque faible » de surendettement, tant pour sa dette extérieure que pour sa dette publique globale. Cette décision est inédite en Afrique subsaharienne et renforce la crédibilité financière d’Abidjan auprès des investisseurs internationaux. Le ministère ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget s’est félicité de cette évolution, soulignant qu’elle marque « la rupture avec plus d’une décennie de classement en risque modéré depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) en 2012 ».

Cette décision du FMI couronne deux années de consolidation budgétaire menée dans le cadre du programme conclu avec l’institution en mai 2023. Elle traduit le renforcement de la capacité d’endettement de l’État ivoirien, grâce à une gestion proactive de la dette et à une progression continue des recettes fiscales. Fin 2025, la dette de l’administration centrale s’élevait à 33 159 milliards de francs CFA, soit 57,1 % du PIB, contre 59,5 % un an plus tôt.

Ce signal du FMI confirme la confiance déjà exprimée par les marchés financiers. En février, la Côte d’Ivoire avait levé 1,3 milliard de dollars via un eurobond à quinze ans, sursouscrit près de cinq fois avec un carnet d’ordres de 6,3 milliards de dollars. Le coupon de 5,39 % représentait alors le coût de financement le plus bas pour un émetteur d’Afrique subsaharienne sur le marché des eurobonds depuis cinq ans. Cette double reconnaissance – des marchés et désormais du FMI – consolide la position de la Côte d’Ivoire comme signature souveraine de référence en Afrique subsaharienne.